attention ! or be careful ! il s'agit d'une uchronie. autrement dit une pure fiction... ne basez pas là-dessus vos devoirs d'histoire...
I - L'ENFANCE D'UN CHEF
Cet "homme providentiel" vint au monde au coeur de l'Afrique en 1780. Son appartenance ethnique est mal définie. Cependant, sa "négritude" est certaine. On ignore, ou plus exactement on spécule, sur ses origines. Au plus vraisemblable, il est le fils d'un roi africain et d'une de ses concubines.
Ce souverain, étonné des facultés d'apprentissage du phénomène, le confia à des missionnaires jésuites, aventurés au coeur de l'Afrique. Il apprend ainsi les bases de la culture occidentale, lecture, écriture, langue, latin. Ces derniers le rebaptisent "Jugurtha". Du nom de ce roi numide qui s'opposa aux romains; étrange prédestination.
Vers 1795, il va parfaire son éducation à Saint-Louis du Sénégal. Pour ce faire, il se convertit à la religion catholique. Son catholicisme, longtemps affiché, relevait plus de l'opportunisme, voire de la nécessité, que de la conviction. S'il ne l'a jamais clairement renié, sa pratique devint vite des plus aléatoires.
A la fin de sa vie, il renoua avec certaines pratiques animistes. Il faut plus parler de syncrétisme de différentes croyances que de reconversion.
En 1802, il vient en France pour y fréquenter des écoles militaires. Après une solide formation théorique d'officier, il veut entrer dans les armées de Napoléon.
II - LA COURSE AU POUVOIR
Mais Napoléon, en tous cas l'état major de la Grande Armée, préfère, en 1804, le renvoyer en Afrique. Il semblerait qu'on lui ait confié une mission exploratoire, visant à programmer une intervention militaire, sur l'Afrique du Nord, à partir du Sahara, avec des indigènes.
Dès 1805, il progresse avec une petite colonne vers le centre de l'Afrique. En 1806, "incident du fleuve" : il libère une caravane d'esclaves. Puis il gagne plusieurs batailles, en fait des échauffourées, contre des esclavagistes, ou des "dominants". Son prestige grandit en Afrique de l'ouest. Il entraîne notamment la révolte d'esclaves noirs privés de leurs femmes pour les obliger à travailler.
Sa démarche a un caractère oecuménique, fédérateur. Il mélange les tribus dans des groupes d'assaut.
En 1810, il baptise son royaume du nom de "Cambysia". Fasciné par cette légende de roi perse dont l'armée se perdit dans les sables.
En 1812, il a la bonne idée de s'allier à l'Angleterre. Celle-ci a alors besoin de tous les alliés possibles contre l'ogre napoléonien. Le royaume, devenu au passage empire, de Cambysia, y trouve une reconnaissance.
Jugurtha comprend que sa viabilité dépend de sa modernisation. Et qu'il doit assimiler les techniques européennes.
Il invente un modèle révolutionnaire, dit du « buvard » : apprenons à fabriquer des fusils !
Cet objectif est curieusement servi par la débandade napoléonienne de 1814/1815. La monarchie française restaurée est trop heureuse de se débarrasser de bonapartistes en les expédiant au Sénégal. Jugurtha leur fait bon accueil. Il fait aménager confortablement, suivant les critéres occidentaux, Saint louis du Sénégal. Les quelques centaines d'ingénieurs, militaires, et techniciens de toutes compétences s'y installant auront une influence déterminante sur la modernisation de la Cambysia.
Il met en place une armée, une administration, un système scolaire, des institutions, de nature fédérale.
A l'époque, la vente d'or, de matières premières, de coton, fournissent des ressources importantes.
Dès 1845, il fait construire des lignes de chemin de fer, reliant les points principaux de son empire.
En 1850, il transfert sa capitale en un point plus central, dans le golfe de Guinée. Mais qui reste facile d'accès pour les européens apporteurs de technologies.
Servi par sa longévité, il parvient à étendre son empire jusqu'à l'équateur vers 1860, et vers l'est presque jusqu'au Nil.
III - DE L'EMPIRE A LA REPUBLIQUE :
A sa mort, en 1860, lui succède son fils Hannibal, reprenant cette pratique de donner le nom d'un grand chef militaire africain de l'antiquité. Celui-ci fait preuve d'autorité et de personnalité. Et maintient, voire agrandit, l'empire de Cambysia.
La conférence de Berlin, en 1884/1885, conforte la Cambysia dans ses frontières et son indépendance.
Hannibal, sentant sa fin proche, - il contracte la tuberculose à Berlin -, convoque une assemblée constitutionnelle. On pressent des problèmes de succession dynastique.
Il crée la surprise en proposant la création d'une république, avec un président doté de pouvoirs protocolaires, sur le modèle de la IIIème république française.
Cette république est plutôt nobiliaire. Seule une très petite élite dispose du droit de vote. La crainte du colonialisme européen rendra cette construction perenne.
IV - LE CONCERT DES NATIONS :
Durant la guerre de 14/18, la république de Cambysia conclut une alliance avec les puissances alliées. Elle fournira des matières premières, des armes, et quelques contingents.
En 1922, le traité de Dakar fixera le sort politique de l'Afrique de l'après-première guerre mondiale. Les puissances occidentales, désireuses d'éviter une trop grande expansion de la Cambysia, fixent un découpage original :
. La république de Cambysia est reconnue dans des frontières un peu élargies.
Quatre autres états sont créés, dans une forme juridique plus près du dominion que de la colonie.
Leur frontière se rapproche des limites des grands groupes linguistiques :
- Afrique de l'est, proche de la langue swahilie, placée sous influence anglaise;
- Afrique méridionale, correspondant aux langues khoisan sous influence anglaise;
- Afrique centrale, langues "nilo-sahariennes", sous influence anglaise;
- L'égypte, toujours sous influence anglaise;
- L'empire abyssin est reconnu;
- Deux zones de l'Afrique de l'est, à la souveraineté problématique, se trouvent placées sous l'autorité, assez nominale, de la Société des Nations.
- L'influence française est reconnue sur l'Afrique du nord et Madagascar.
- Les autres puissances "coloniales", Portugal, Italie, Espagne, cèdent leurs "droits" territoriaux, en échange de protection et de droits particuliers pour leurs ressortissants.
- Le reste est une autre histoire...